- Il était un peu poète et un peu vagabond, il n'avait jamais connu ni patrie ni patron... Mais elle est immonde !
- Tu parles toute seule ? Je savais que tu étais folle mais à ce point...
J'inspirais lentement en essayant de me décrisper, puis je me retournais lentement :
- Personne ne t'a invité Etienne.
- Comme si j'avais envie de passer ma journée dans un laboratoire rempli de produits nauséabonds... Faut vraiment être tarée ! répliqua Etienne avec un savant mélange de dégoût et de condescendance dans la voix qui n'appartenait qu'à lui.
- Alors sort d'ici ! Personne ne te demande de développer mes photos à ma place !
Il fallait rester calme, ne pas entrer dans son jeu.
- Tu crois vraiment que tu vas réussir à devenir... photographe professionnelle ?! demanda-t-il dans un espèce de rire incrédule en jetant un coup d'oeil sur mes photos.
- C'est plus fort que toi hein ? Tu n'aurais pas pu... oh je ne sais pas... juste t'en aller et me laisser tranquille... Non ! Bien sûr, ton envie de répandre ton venin est plus forte que tout... Je te répondrais néanmoins que tu devrais ouvrire un dictionnaire et regarder à la définition du mot "avenir" histoire de bien t'assurer qu'il y ai marqué : "PS: ce mot ne concerne pas Etienne de Sald" parce que si tel n'est pas le cas, au lieu de t'occuper de moi, tu ferais peut-être mieux de réfléchir à TON avenir !
- Et ça y est ! Mademoiselle je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde à encore frappé ! Mais comment font les gens pour te supporter ?!
- Je te retourne la question, ça m'étonne que tu puisse entrer dans une pièce aussi petite, tu as laissé ton égo dehors ?
- Mon égo ? Tu t'es regardée dans une glace ?
- J'ai beaucoup de défauts je te l'accorde mais contrairement à toi, l'arrogance n'en fait pas parti !
- Je ne suis pas arrogant, je suis orgueilleux et j'en ai parfaitement le droit !
- Tu ne connais même pas la différence entre ces deux mots !
- Epouser ta mère est la pire chose que mon père ai jamais fait !
- Au moins un point sur lequel on est d'accord ! réppliquais-je
- Retournez chez les beaufs vous nous bouffez notre oxygène ! s'énerva-t-il
J'avais gagné, il perdait le contrôle.
- C'est ça sauf que ce n'est pas moi qui suis venue ici dans le but de me parler... répondis-je tranquillement, En fait, je n'ai pas souvenir d'avoir un jour bouffé l'oxygène de qui que ce soit contrairement à ... hum voyons... Toi ?
La porte du laboratoire a claqué. J'ai respiré : c'était fini. Pour l'instant.